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Publié le 20 sept. 2023 à 6:29
Ses phrases coup de poing bousculent régulièrement la une des médias. Fin juillet, il s’est alarmé de l’entrée de l’humanité dans « l’ère de l’ébullition mondiale », avant d’estimer quelques semaines plus tard que « l’effondrement climatique » avait commencé.
Au terme de l’été le plus chaud jamais enregistré, marqué par une série d’événements extrêmes un peu partout dans le monde, il est fort à parier qu’Antonio Guterres aura de nouveau des mots qui claquent à l’occasion du sommet sur l’ambition climatique que le patron de l’ONU a convoqué ce mercredi, à New York, en marge de l’assemblée générale de l’organisation .
« Des politiques crédibles et concrètes »
A moins de trois mois de la COP 28, l’idée d’un tel rendez-vous est de « mettre en valeur ceux qui sont les premiers à réagir et les premiers à agir », indique l’équipe du secrétaire général, sans avoir, pour l’heure, publié de liste précise.
Sont ainsi invités à défiler à la tribune uniquement des gouvernements, des villes, des entreprises ou des institutions financières qui ont « des politiques crédibles et concrètes » pour limiter le réchauffement à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle, comme fixé dans l’accord de Paris.
Placer la barre très haut
« Le sommet vise à placer la barre très haut en matière d’ambition », explique la directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), Lola Vallejo, qui souligne « l’implication personnelle » d’un secrétaire général de l’ONU prêt à mettre son capital politique en jeu.
L’urgence climatique est devenue beaucoup plus tangible par rapport au mandat de son prédécesseur, note la spécialiste, tout en rappelant que Ban Ki-moon avait aussi joué un rôle important, en organisant un sommet sur le climat en 2014 pour soutenir la mise en place de ce qui allait devenir l’accord de Paris.
Antonio Guterres resserre donc la vis pour pousser le monde à accélérer la décarbonation, alors que le tout premier bilan mondial de l’action climatique publié il y a dix jours a confirmé que les efforts à faire collectivement restaient colossaux .
Le patron de l’ONU a clairement appelé les dirigeants, en particulier les pays riches et les grands émetteurs de gaz à effet de serre, à venir avec des objectifs renforcés pour les années à venir, des plans pour sortir peu à peu des énergies fossiles, ou encore augmenter les financements climatiques pour les pays les plus vulnérables.
Blocages
Pour autant, comme pour l’AG, tous les chefs d’Etat ne seront pas là. Et les observateurs attendent de voir ce qui en sortira. Si l’Européenne Ursula von der Leyen fait le déplacement, le Chinois Xi Jinping ou le Britannique Rishi Sunak devraient compter au nombre des absents remarqués.
Pour la France, c’est la ministre des Affaires étrangères qui doit s’exprimer. Catherine Colonna devrait annoncer que les engagements pris en matière de financements climatiques sont dépassés « dès cette année ». L’an dernier, la France y a consacré 7,2 milliards d’euros. « Elle fait partie des quelques pays non seulement qui tiennent leurs engagements mais qui les accroissent », a assuré la ministre dans une vidéo diffusée sur X (anciennement Twitter).
Vendredi, Antonio Guterres a convoqué une réunion ministérielle sur une autre question clé au coeur des débats sur le climat : le fonds pour les « pertes et dommages » (destiné à aider les pays touchés par des dégâts irréversibles causés par le réchauffement), que les pays ont accepté de créer in extremis lors de la dernière COP.
Statu quo dangereux
Depuis, les discussions ont très peu progressé : qui finance ? de quelle façon ? qui en bénéficie ? La France, par l’intermédiaire de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, qui sera à New York, devrait défendre une approche « constructive ». Avec l’espoir de fluidifier les négociations avant la prochaine COP, début décembre.
L’an dernier, le sujet avait obnubilé une bonne partie des négociateurs pendant quinze jours. Si la naissance du fonds avait été un succès (quasi inespéré), d’autres questions cruciales avaient été laissées de côté . Et la COP27 s’était soldée par un statu quo dangereux sur la lutte contre le réchauffement climatique.
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