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Publié le 15 nov. 2023 à 11:00Mis à jour le 15 nov. 2023 à 18:19
Une inflation en repli mais toujours élevée, un resserrement monétaire pour la juguler qui pèse sur l’investissement, une demande externe en berne : l’économie européenne a tourné au ralenti cette année.
La Commission européenne a en conséquence encore abaissé ce mercredi sa prévision de croissance du PIB pour 2023, à 0,6 % aussi bien pour l’Union dans son ensemble que pour la zone euro. Au sortir de l’été, Bruxelles escomptait encore une progression de 0,8 % .
Cette année, dix Etats membres devraient afficher un recul de leur richesse nationale. Le PIB allemand devrait s’effriter de 0,3 %, ce qui a un impact sur ses voisins aux économies imbriquées : Autriche (-0,5 %), Luxembourg (-0,6 %), Tchéquie (-0,4 %).
Parmi les autres pays en récession : les trois Etats baltes (la plus forte chute revenant à l’Estonie, à -2,6 %), la Suède (-0,5 %), la Hongrie (-0,7 %) et l’Irlande (-0,9 %), dont le PIB est il est vrai habitué à jouer au yoyo au gré des mouvements comptables des multinationales qui y sont basées.

Pays méditerranéens en expansion
La France s’en sort beaucoup mieux avec une croissance attendue à 1 % cette année. Les pays méditerranéens affichent en général une forte performance, à l’instar de l’Espagne (+2,4 % en 2023), qui a très bien mené le déploiement de son plan de relance issu du grand fonds européen NGEU.
L’an prochain, un seul Etat membre devrait à nouveau voir son PIB reculer : la Suède (-0,2 %). La France devrait continuer à faire mieux que l’Allemagne, non seulement en 2024 (1,2 % contre 0,8 %) mais aussi en 2025 (1,4 % contre 1,2 %).
Inflation en repli
Selon Paolo Gentiloni, commissaire à l’Economie, la croissance devrait rebondir en 2024, à 1,3 % dans l’UE et 1,2 % dans la zone euro, grâce à la grande stabilité de l’emploi (taux de chômage autour de 6 %), aux augmentations de salaires et au repli de l’inflation. Celle-ci n’était plus que de 2,9 % sur un an dans la zone euro en octobre , contre 10,6 % un an plus tôt. C’est le plus bas niveau depuis juillet 2021.
Sur 2023, elle devrait encore ressortir à 5,6 % dans la zone euro mais chuter à 3,2 % en 2024 et même 2,2 % en 2025, près de l’objectif de moyen terme de la BCE. Cette année, quatre Etats membres subissent encore une hausse des prix à deux chiffres : Slovaquie (10,8 %), Pologne (11,1 %), Tchéquie (12,2 %) et Hongrie (17,2 %).

Meilleures finances publiques
Grâce à la suppression progressive des dispositifs de soutien public à l’activité hérités de la pandémie et de la lutte contre la crise énergétique de 2022, les finances publiques se redressent progressivement. Le déficit public consolidé de l’UE devrait tomber à 3,2 % du PIB en 2023, puis à 2,8 % en 2024.
Le stock de dettes publiques devrait se monter en fin d’année 2023 à 83,1 % du PIB (un ratio que l’inflation aide à faire baisser), soit quatre points au-dessus de son niveau de 2019. Les ministres des Finances négocient depuis des mois un nouveau jeu de règles budgétaires qui doit remplacer à partir de l’an prochain l’ancien Pacte de stabilité et de croissance jugé obsolète. Ils espèrent aboutir début décembre.
Risques géopolitiques
Parmi les risques listés par la Commission européenne pour l’an prochain figure une nouvelle possible envolée des prix de l’énergie, compte tenu du contexte géopolitique très tendu. « Le resserrement monétaire pourrait aussi peser sur l’activité plus longtemps et plus gravement que nous ne l’estimons dans ces prévisions », ajoutent les services de Paolo Gentiloni.
Ceux-ci ont, pour la première fois, travaillé sur les chiffres de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Bosnie-Herzégovine, trois pays avec lesquels les Vingt-Sept pourraient ouvrir des négociations d’adhésion à l’UE dès le mois prochain. Après un plongeon de 29 % l’an dernier à la suite de l’invasion russe, l’économie ukrainienne devrait croître de 4,8 % cette année, grâce à des moissons excellentes et au soutien de l’UE et des Etats-Unis.

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