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Publié le 5 janv. 2024 à 12:47Mis à jour le 5 janv. 2024 à 12:48
Le vendredi 5 janvier au matin, l’armée nord-coréenne a effectué plus de 200 tirs d’artillerie avec ses canons côtiers dans une zone à proximité d’îles sud-coréennes du nord-ouest et définie comme la Ligne de limite nord. Une frontière maritime entre les deux frères ennemis.
Séoul a ordonné l’évacuation de la population civile de l’île de Yeonpyeong qui est située à une dizaine des côtes nord-coréenne et dans une zone tampon maritime, définie en 2018, afin d’éviter les affrontements militaires.
1. Une frontière maritime imposée au début des années 1950
La Ligne de limite Nord, le plus souvent évoquée sous la forme abrégée de son appellation anglaise (NLL ou North Limit Line) aurait été tracée en 1953, juste après l’armistice de la guerre de Corée, par le commandement militaire américain de l’époque. Mais il n’y a aucune certitude réelle sur sa date de création.
Elle est, à l’Est comme à l’Ouest de la péninsule coréenne, le prolongement maritime de la frontière terrestre entre les deux Corées, symbolisée par la Zone démilitarisée (DMZ). Comme le traité d’armistice ne faisait aucune référence à une frontière maritime (au contraire de la DMZ) son tracé, à l’Ouest, inclut cinq îles qui sont à quelques dizaines de km des côtes nord-coréennes mais qui appartenaient à la Corée du Sud avant la guerre. La plus proche, l’île de Yeonpyeong, à proximité de laquelle des tirs d’artillerie ont eu lieu le 5 janvier 2024, est à 11 km.
2. Un tracé contesté sur le tard par Pyongyang
Lors de sa mise en oeuvre, les Nations unies auraient envoyé les plans à la Corée du Nord, qui n’a pas répondu. L’absence de réponse aurait conduit l’ONU à considérer que Pyongyang avait accepté ce tracé. Pourtant, 20 ans plus tard, en 1973, la Corée du Nord a déclaré ne pas reconnaître sa légitimité.
Pourquoi une contestation si tardive ? La cause probable tient au fait que dans les années 1970, la norme internationale pour définir une limite des eaux territoriales avait augmenté : passant à 12 miles marins (environ 22 km), soit près du double de ce qui était la règle lors de la mise en place de la NLL (5,6 km).
En 1999, Pyongyang a rendu public le tracé de la zone qu’elle revendiquait. La ligne de démarcation y est plus au sud mais Pyongyang a pris soin dans son tracé de prévoir des couloirs maritimes permettant de laisser un libre accès aux îles contrôlées par Séoul.
3. Une limite militaire mais aussi économique
Ironie de l’histoire, si les tirs effectués par Pyongyang sont régulièrement dénoncés, la NLL a, à l’origine, été en partie tracée afin d’empêcher les incursions sud-coréennes qui menaçaient l’armistice. En effet, en 1953, le gouvernement provisoire sud-coréen qui s’opposait à l’accord d’armistice, a lancé plusieurs attaques infructueuses sur les côtes nord-coréennes. La NLL s’est donc avérée utile pour signifier à Séoul, autant qu’à Pyongyang, la limite à ne pas franchir, même si régulièrement les provocations ont été le fait du Nord. En 2018, l’accord militaire intercoréen, désormais dénoncé par Pyongyang, prévoyait une zone tampon dans la NLL pour prévenir les conflits armés en mer et interdisant les tirs d’artillerie et autres manoeuvres maritimes. Ce qui n’a pas empêché la Corée du Nord de violer une quinzaine de fois cette interdiction. Y compris, donc, ce 5 janvier .
Mais le rôle de la NLL s’est transformé au fil des ans pour devenir un enjeu économique. Elle empêche les navires nord-coréens de se diriger vers le sud. Et donc aussi d’accéder aux zones de pêches de la mer Jaune qui regorgent, selon les experts, de plus de 200 espèces de poissons. Régulièrement, Pyongyang envoie tout de même ses bateaux de pêche à proximité ou au-delà de la NLL, escortés le plus souvent par des bateaux militaires.
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