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(BFM Bourse) – SMCP a vu son bénéfice semestriel chuter de 32,1%. Le titre affiche une des plus fortes baisses du marché parisien vendredi, l’absence de clarification sur l’évolution du tour de table incitant aussi à la prudence.
SMCP était parvenu jusqu’à présent à tirer son épingle du jeu dans un secteur de l’habillement en crise. Le propriétaire des marques Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac avait doublé ses bénéfices l’an dernier, à la faveur d’une stratégie qui consiste à réduire délibérément la part des ventes promotionnelles.
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Le contexte inflationniste a rebattu les cartes. Le groupe a été contraint sur le semestre de mener des opérations promotionnelles destinées à écouler les stocks des collections passées. Les marges du groupe ont été mises à rude épreuve, ce qui n’a pas été neutre sur les profits semestriels de SMCP. La contraction de l’activité en Amérique du Nord après deux années « exceptionnelles » vient appuyer les arguments en faveur de dégagements sur le dossier à la Bourse de Paris.
Le titre SMCP lâche 18,4% à 6,85 euros, vers 14h15 et figure parmi les plus forts replis du marché parisien. Seul Atos fait pire, puisque son titre perd près de 22% sanctionné après des comptes semestriels eux aussi décevants notamment sur le front de la consommation de trésorerie.
Une dynamique portée par l’Asie-Pacifique et l’Europe
Entre janvier et juin, le groupe SMCP a enregistré une hausse de 7,9% de son chiffre d’affaires en données publiées (+7,7% en organique, autrement dit à taux de changes et périmètres constants), à 609,8 millions d’euros.
Dans le détail, le spécialiste du luxe accessible a enregistré une nette progression de ses ventes en Asie-Pacifique, de 19% en organique par rapport au premier semestre 2022, à 136,5 millions d’euros. SMCP explique avoir profité d’un « retour à la croissance du marché chinois et une bonne performance dans le reste de la région ». Au deuxième trimestre, la société a vu ses ventes décoller de 43,1% en organique dans la région après un recul de 20% en organique des ventes au premier trimestre en raison des mesures de lutte contre le Covid-19 en Chine.
En Europe et au Moyen-Orient (hors France), les ventes ont progressé de 9,4% en organique à 189,1 millions d’euros, tirée par les plus gros marchés du groupe comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Moyen-Orient. Le Royaume-Uni est l’exception en raison d’un contexte économique plus difficile.
En France, le spécialiste du luxe accessible n’a pas été épargné par le contexte économique et social qui a émaillé le pays. Les ventes dans l’Hexagone ont plié de 3% en organique à 98 millions d’euros au deuxième trimestre. « Les mouvements de grèves, les tensions sociales et l’inflation persistante n’ont pas été propices aux flux touristiques et à la consommation », indique SMCP, qui ajoute que le trimestre a été pénalisé par le « décalage du démarrage des soldes d’une semaine par rapport à l’année dernière ». Sur le semestre, les ventes atteignent donc 204 millions d’euros, en progression organique de 5% par rapport au premier semestre 2022, qui constituait un « niveau record ».
La baisse des ventes constitue en Amérique un des accrocs de cette publication. Après deux années consécutives marquées par une activité soutenue, les ventes enregistrent cette fois-ci une baisse organique de 4% sur un an, à 80 millions d’euros. » Cette baisse est liée en particulier à la lenteur de la reprise du Canada à la suite du Covid, accentuée par la recomposition du paysage retail (distribution physique, NDLR) et l’absence des touristes chinois », explique SMCP.
Des promotions qui pèsent sur la rentabilité
Un peu plus bas dans les comptes, la baisse prend le dessus. L’excédent brut d’exploitation ajusté (Ebitda ajusté) est en baisse de 5% à 115,7 millions d’euros au premier semestre 2023 après 121,8 millions d’euros à fin juin 2022.
La marge brute est en baisse de 1 point à 73% « en raison d’une part plus importante de la liquidation de collections de l’année précédente (notamment en Chine et chez Claudie Pierlot), permettant ainsi de diminuer le niveau des stocks », explique le groupe.
Le résultat d’exploitation ajusté (Ebit ajusté) chute pour sa part de 19,6% pour ressortir à 36,3 millions d’euros à fin juin 2023. La marge d’Ebit ajusté s’élève ainsi à 6% sur les six premiers mois de 2023, après 8% à fin juin 2022.
Le groupe de prêt-à-porter propriétaire des marques Sandro, Maje, Claude Pierlot et De Fursac a aussi fait part d’un bénéfice net part du groupe en nette baisse de 32,1% à 14 millions d’euros après 20,7 au premier semestre 2022.
SMCP espère améliorer ses performances au second semestre, qui est « traditionnellement plus profitable que le premier », tient à souligner la société avec la poursuite de sa stratégie full-price, qui consiste à « réduire délibérément la part des ventes promotionnelles » qui sera accompagnée d’économies de coûts. La société compte également sur la normalisation de la situation en Grande Chine et sur la performance plus homogène de ses marques, notamment chez Maje, ‘enseigne la plus profitable du groupe ».
Le groupe confirme ainsi ses prévisions pour 2023 annoncées en mars à l’occasion de ses comptes annuels 2022, « sous réserve que la situation géopolitique et le contexte macroéconomique et social ne se détériorent pas pendant le reste de l’année ».
Le spécialiste du « luxe accessible » anticipe pour l’année en cours, une croissance des ventes « à un chiffre dans la fourchette moyenne à haute » (soit entre 5% et 9%) par rapport à 2022, et une amélioration de sa marge de résultat opérationnel (Ebit) ajusté en « pourcentage du chiffre d’affaires ».
Concernant la recomposition de son capital, SMCP n’a donné aucune indication. En mars, le spécialiste du « luxe accessible » avait pris acte de l’intention des créanciers d’European TopSoho, réunis sous le « trustee » Glas d’initier un processus de vente de 37% du capital de SMCP. L’opération avait alors été accueillie « favorablement » par le conseil d’administration, qui y voit l’occasion de « retrouver un actionnariat clarifié », sur lequel la société pourrait s’appuyer afin de poursuivre sa stratégie de développement. Mais pour l’instant, la clarification se fait attendre et le marché manifeste aussi son impatience de ce côté là…
Sabrina Sadgui – ©2023 BFM Bourse
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