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Publié le 22 déc. 2023 à 10:29Mis à jour le 22 déc. 2023 à 10:33
« Nous allons travailler jusqu’au dernier jour de la présidence. » A quelques jours de la clôture de la présidence espagnole du Conseil européen, le 31 décembre, le Premier ministre Pedro Sanchez promet un sprint final. A la fois pour clore des dossiers en suspens et pour tenter de rattraper, avec des annonces de dernière minute, le bilan assez discret d’un semestre qui avait commencé de façon chaotique.
Le lancement de la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne, le 1er juillet dernier, avait en effet été mis en sourdine par la campagne électorale espagnole, noyé dans les polémiques partisanes, tandis que l’opposition accusait le gouvernement en fonction d’essayer de tirer un profit politique des fastes du semestre européen.
Six mois plus tard, à Madrid, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, affiche sa « satisfaction face au travail accompli dans la construction européenne ». Il a fallu faire face « au double défi de maintenir une réponse unie des Vingt-Sept face à l’agression russe en Ukraine, et élargir l’espace européen en donnant le feu vert aux négociations pour la future adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie, ainsi que celle de la Géorgie, à plus long terme ».
Agenda chargé
Les grands axes du programme de travail tournaient autour de la réindustrialisation de l’Europe et de l’autonomie stratégique, l’avancée vers la double transition verte et numérique, la promotion d’une plus grande justice sociale et le renforcement de l’unité européenne. Avec un agenda d’autant plus chargé qu’il s’agissait du dernier semestre avant la campagne pour les élections européennes de juin prochain.
Même si les résultats ne sont pas toujours aussi spectaculaires que souhaité, « l’important est d’avancer ensemble », affirme José Manuel Albares. Le ministre souligne « un pas de géant » dans les transitions verte et numérique, dans la lutte contre le changement climatique et la défense de l’environnement. Avec à l’appui les accords sur la réglementation de l’intelligence artificielle, ainsi que les lois sur la restauration de la nature et sur l’industrie verte.
« Avancées incontestables »
« Les avancées sont incontestables sur la plupart des dossiers, mais les controverses du jeu politique espagnol ont terni le bilan », estime l’analyste Ignacio Molina, chercheur spécialisé en politiques européennes à l’Institut royal Elcano d’études internationales et stratégiques.
La réforme du marché électrique, le pacte sur les migrations et le droit d’asile ainsi que l’accord sur la réforme du pacte de stabilité viennent de contribuer, in extremis, à enrichir le contenu du semestre. « Pourtant, même si la présidence a fait du bon travail, elle ne laissera pas d’image impérissable, au-delà de la photo de famille dans l’Alhambra de Grenade », glissait il y a quelques jours un connaisseur des dossiers européens.
Le problème, selon lui, est que l’Espagne n’a pas « incarné » la présidence, car le Premier ministre, Pedro Sanchez, n’a pas été assez impliqué personnellement, trop mobilisé par une campagne électorale tendue et des négociations particulièrement difficiles en vue de former une coalition.
Rapprochement avec l’Amérique latine
Le dossier du rapprochement avec l’Amérique latine a particulièrement pâti de cette absence. Il a été défendu sans grande flamme, alors qu’il avait été présenté d’avance comme la grande initiative politique de la présidence espagnole, désireuse d’être l’artificier des retrouvailles. Il n’y avait pas eu de sommet entre l’Union européenne et la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes (Celac) depuis huit ans.
A Madrid, on affiche la satisfaction de l’impulsion donnée lors du sommet qui s’est tenu à Bruxelles en juillet dernier. Avec à la clé la mobilisation de 45 milliards d’euros d’investissements, une série d’accord sur les matières premières critiques avec certains pays, ainsi que l’engagement de maintenir les liens, avec un calendrier d’un sommet tous les deux ans. Mais Madrid n’a finalement pas réussi à débloquer l’accord commercial avec le Mercosur, qui soulevait peu d’enthousiasme à Paris.
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