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« Est-il temps de demander pardon ? » La question vient du présentateur vedette de LBC, Matthew Wright, et elle est lancée à la figure d’Ann Widdecombe, une ex-députée Tories partisane du Brexit, et aujourd’hui passée chez les ultra-conservateurs de Reform UK. « Non, cela n’a pas été une énorme catastrophe, répond-elle. La seule chose que je regrette avec le Brexit, c’est que cela n’a jamais été fait correctement. »
C’était dimanche dernier sur les ondes de l’une des grandes radios privées britanniques, presque quatre ans jour pour jour après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Aujourd’hui encore, ce type de passe d’armes revient souvent dans le débat public en Grande-Bretagne. Mais le Brexit n’est plus le sujet clivant, dominant la scène politique, qu’il a été il y a quelques années.
Fatigue de l’opinion
Au fil du temps, les sondages traduisent de plus en plus une fatigue de l’opinion et une montée d’autres préoccupations depuis la pandémie et la guerre en Ukraine. Selon YouGov, moins de 15 % des Britanniques considèrent aujourd’hui que le départ de l’UE est l’un des principaux problèmes auxquels fait face le pays, loin derrière l’économie, la santé, l’immigration et l’environnement. De 2016 à 2020, c’était pourtant systématiquement le premier sujet cité par les répondants.
Même si d’autres sondages montrent qu’une majorité de Britanniques considèrent le Brexit comme une erreur, l’Europe ne devrait pas s’imposer parmi les sujets de campagne pour les élections générales, contrairement à celles de 2019, où Boris Johnson l’avait largement emporté avec son slogan « Get Brexit Done » (« réaliser le Brexit »). Dans la campagne qui s’annonce, où les travaillistes sont donnés largement en tête, d’autres lignes d’affrontement se dessinent, comme les impôts, l’immigration ou l’environnement.
« Faire marcher le Brexit »
Malgré le maigre bilan du Brexit jusqu’ici, les travaillistes se montrent prudents sur ce terrain qui leur a coûté de nombreuses voix lors des dernières élections, particulièrement dans les circonscriptions majoritairement ouvrières du nord de l’Angleterre, séduites par Boris Johnson en 2019.
Dans son discours, le leader du Labour, Keir Starmer, dit vouloir « faire marcher le Brexit », en renégociant avec l’UE les éléments les plus pénalisants. Il entend par là la signature d’un accord vétérinaire pour faciliter les échanges commerciaux ou une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles. Les travaillistes pourraient également promouvoir un retour du Royaume-Uni dans Erasmus, le réseau d’échange universitaire européen. Mais de « rejoin », il n’est jamais question.
Le seul à réellement porter le sujet est le maire de Londres. En janvier, Sadiq Khan a une nouvelle fois appelé à « briser le silence sur le Brexit ». « Nous ne pouvons pas, en toute bonne conscience, faire comme si cela ne touchait pas notre population ou comme si cela ne causait pas de tort à nos entreprises », a-t-il lâché, devant un parterre de chefs d’entreprise. Il faut dire qu’il a sa propre carte politique à jouer, alors qu’il remet en jeu dans quelques mois sa réélection à la tête de la métropole londonienne, où la population était farouchement attachée au « Remain ».
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