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Publié le 1 janv. 2024 à 17:06
Etats-Unis : un remake du duel Biden Trump
Solveig Godeluck Correspondante à New York
On prend 2020, et on recommence? En 2024, il y a de fortes chances que les deux finalistes de l’élection présidentielle précédente se retrouvent sur le ring. Donald Trump, qui n’avait pas réussi à se faire réélire, est le mieux placé dans les sondages pour remporter la primaire républicaine. Le président en exercice, Joe Biden, n’a quasiment pas de concurrence à l’intérieur du parti démocrate.
En réalité, ce ne sont plus tout à fait les mêmes hommes. Le leader populiste a la justice à ses trousses. L’enjeu de l’accession à la plus haute fonction est donc plus élevé pour lui. Sa rhétorique s’est durcie et son mouvement s’est structuré. Tous les rebondissements sont envisageables : condamnation à l’inéligibilité, émeutes en réaction, crise cardiaque… Mais il est difficile d’imaginer qu’il puisse se retirer de la course de son propre gré.
Quant à Joe Biden, le quasi-unanimisme du parti démocrate en sa faveur ne doit pas faire illusion. Le doute s’est installé sur sa capacité à vaincre Trump. Les sondages le donnent perdant, alors qu’il gagnait début 2024. Le centriste qui a tenté d’étouffer les racines du populisme avec un trio relance-réindustrialisation-protectionnisme reste incompris des masses. Et il est jugé trop vieux. En candidat de la raison, il pourrait se retirer si ses chances s’amenuisent. La probabilité est cependant grande qu’il se maintienne, persuadé qu’il est d’être celui qui peut sauver l’Amérique. Verdict pour les primaires des deux partis, en août. Et dans les urnes pour 245 millions d’électeurs le 5 novembre.
Russie-Ukraine: la guerre pour horizon
Yves Bourdillon
Il semble finalement difficile de croire que la guerre entre l’Ukraine et la Russie connaîsse une issue militaire, donc politique, cette année. On pouvait pourtant croire il y a un an, peu après la reconquête de Kherson par l’armée ukrainienne, que la dynamique serait en faveur de Kiev. Mais la victoire, sauf coup de théâtre, n’est plus du tout à portée de main pour l’Ukraine.
Cette dernière manque cruellement d’obus, et surtout de soldats, au point d’envisager la mobilisation de 500.000 hommes. L’incertitude est grande sur le prolongement de l’aide américaine, surtout par temps de campagne électorale. Et l’armée russe, grâce à son point fort traditionnel, l’artillerie, a repris l’initiative, progressant, quoique lentement, mi décembre.
Moscou a toutefois perdu beaucoup d’hommes, 300.000 selon des sources américaines, allemandes et une référence norvégienne, ainsi que la moitié de ses blindés. Elle peut percer ici ou là mais n’aurait plus les moyens de victoires décisives. En outre, l’aide militaire pourrait, dans un Sénat américain hyper transactionnel, faire l’objet d’un compromis entre la Maison Blanche et les Républicains après la pause de Noël. Cela risque de ne pas suffire pour éviter un conflit peu ou prou gelé jusqu’en 2025. Kiev, qui a reconnu récemment que sa stratégie d’attrition des forces russes ne suffirait pas tant Moscou est déterminé à endurer les pires pertes humaines, va basculer dans une stratégie de «reculer lentement en économisant hommes et matériels pour mieux contre attaquer… plus tard ».
Israël acharné à détruire le Hamas
Yves Bourdillon
Le conflit entre Israël et Gaza continuera de constituer un des principaux sujets géopolitiques. L’armée israélienne, qui a évité l’enlisement dans un Gaza-Stalingrad que beaucoup lui prédisaient, semble en position de détruire la majorité des capacités militaires du Hamas (elle affirme avoir déjà tué un quart de ses combattants) et éliminer la tête pensant des attentats du 7 octobre, Yahya Sinwar. En revanche, l’ampleur des victimes collatérales, sous l’oeil de plus en plus inquiet de Washington, obligera Israël à modifier son mode opératoire et lui a fait perdre d’ores et déjà la bataille de l’opinion publique mondiale. Sur fond de regain d’antisémitisme dans de nombreux pays. Les pays arabes, quoique préoccupés par Gaza, continueront sans doute d’avoir une position prudente.
Trois questions cruciales pèseront : le conflit s’étendra-t-il au Liban, avec entrée dans la danse de l’Iran (sans doute pas) ? Qui pour administrer Gaza si le Hamas y est éliminé ? Et Benyamin Netanyahou, jugé par la plupart des Israéliens responsable du désastre du 7 octobre, sautera-t-il dès la fin des opérations militaires ?
Taïwan encore dans l’oeil du cyclone
Frédéric Scheffer, correspondant à Pékin
La course à la présidence de Taïwan s’intensifie à l’approche de l’élection qui se tiendra le 13 janvier prochain. Pour succéder à Tsai Ing-wen, qui achève son deuxième mandat non -renouvelable, Lai Ching-te, du Parti démocrate progressiste (DPP) semble pouvoir l’emporter. Les partis d’opposition les plus favorables à la Chine ont tenté de former un ticket commun qui aurait renforcé leurs chances, mais n’ont finalement pas pu surmonter leurs divergences. Si Lai Ching-te, un candidat que Pékin a qualifié de « fauteur de troubles », remporte les élections, les tensions avec la Chine, qui revendique l’île de Taiwan, devrait a minima perdurer, voire s’accentuer, avec de nouvelles mesures pour isoler Taiwan, d’avantage de manoeuvres militaires dans le détroit et plus d’implication américaine également, même si le risque d’un conflit ouvert à court terme reste faible.
Modi en piste pour sa reconduction en Inde
Clément Perruche Correspondant à New Delhi
Tout sourit à Narendra Modi. Sauf énorme surprise, le leader nationaliste hindou de 73 ans devrait être désigné premier ministre pour la troisième fois consécutive à l’issue des élections législatives qui auront lieu entre avril et mai prochain. Le Premier ministre a récemment engrangé d’importantes victoires. Son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP), a pris tout le monde de court en remportant des élections locales au mois de décembre dans trois Etats du Nord : le Rajasthan, le Madhya Pradesh et le Chhattisgarh. Les nationalistes hindous n’étaient pourtant pas donnés favoris.
Alors certes, il serait dangereux de calquer les résultats de ces élections au niveau national, mais il s’agit d’un signal fort qui vient contredire tous les analystes qui pensaient que le parti de Narendra Modi était en perte de vitesse. Après presque dix années au pouvoir, la popularité de Narendra Modi est restée intacte. 76% des Indiens sont satisfaits de son leadership, selon un sondage réalisé début décembre par Morning Consult. Cela fait de Modi le chef d’Etat qui jouit du plus haut taux de satisfaction parmi sa population. Il devrait récolter les fruits de cette popularité lors des élections générales lors desquelles les Indiens votent pour une personnalité, plutôt que pour un parti.
De leur côté, les partis d’opposition se sont résolus à unir leurs forces en scellant une alliance pour évincer le BJP du gouvernement central. Baptisée Indian National Developmental Inclusive Alliance (INDIA), la coalition rassemble 21 partis, dont le Parti du Congrès, la principale formation d’opposition au niveau national. Il faut cependant que cette alliance se trouve un leader et précise son projet politique au-delà de la simple volonté d’écarter Modi du pouvoir. Pour le moment, les sondages indiquent que le bloc d’opposition n’est pas en mesure de remporter une majorité de sièges à la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement indien.
Vladimir Poutine réélu avec un score soviétique
Yves Bourdillon
Le résultat est déposé au coffre dans son bureau au Kremlin : Vladimir Poutine sera réélu le 17 mars pour prolonger jusqu’à 2030, où il aura 78 ans, son bail au pouvoir commencé en 1999. La seule incertitude porte sur l’ampleur du score, vraisemblablement au-dessus des 78 % de 2018 pour illustrer combien les Russes sont contents de lui. Surtout par temps « d’opération militaire spéciale » en Ukraine avec donc ralliement autour du drapeau.
Quelques opposants comparses pourraient être autorisés à faire de la figuration. Fin décembre, un seul avait déposé les documents nécessaires ! Pour obtenir le résultat souhaité et notamment réduire une abstention pouvant illustrer une apathie des Russes, le régime ne lésinera pas sur les ressources administratives et fraudes si nécessaire.
Parallèlement à cette campagne électorale fictive, la Russie restera confronté à deux questions existentielles : va-t-elle vraiment jouer à «back to the USSR» , comme l’évoquent les analystes et les derniers medias indépendants ? Et comment pourra maintenir son effort de guerre grâce à un contournement pas toujours simple des sanctions occidentales ? Ce qui se traduit par une inflation élevée, comme l’illustraient les nombreuses questions à Vladimir Poutine lors de son récent «échange avec la nation», sur le prix des oeufs. Le smic permet actuellement d’en acheter cinq boites par jour..
A Paris, les JO de tous les dangers
Yves Bourdillon
Risque d’attentats, d’engorgements des transports, de grèves dans les services publics, d’afflux de pickpockets… les enjeux extra sportifs se présentent comme considérables pour les Jeux Olympiques de Paris, du 26 juillet au 11 août, les premiers dans la capitale depuis un siècle. Il est vrai que frapper lors de, par exemple, la cérémonie d’ouverture inédite sur la Seine, cauchemar pour les services de sécurité, serait un jackpot pour les djihadistes. Y assisteront 400.000 personnes et mille fois plus de téléspectateurs. Grande fête cosmopolite, ou évènement faisant fuir les autochtones à coups de QR code et de galères dans les transports, ces JO rassembleront néanmoins 10.500 athlètes de 206 pays (dont une délégation israélienne sous haute protection) pour une trentaine de disciplines sportives et près de 330 épreuves.
Une probabilité et une certitude ; jouant à domicile les Français seront bien placés pour obtenir que la Marseillaise résonne plus de quinze fois, record d’Atlanta (1996). Tandis que l’hymne russe sera interdit, comme toujours depuis 2016 pour raisons de dopage et, désormais, d’invasion d’un voisin.ngrid Feuerstein Correspondante à Londres
Royaume-Uni: le parti travailliste joue son retour
Ingrid Feuerstein, correspondante à Londres
Sauf spectaculaire retournement de situation, l’année 2024 devrait être celle du retour des Travaillistes à Downing Street, après quatorze ans de gouvernement conservateur au Royaume-Uni. Selon le baromètre politique Ipsos de décembre, le parti de Keir Starmer mène toujours de plus de 15 points dans les sondages, avec 41% d’intentions de vote, contre 25% pour les Tories, dont le leader, Rishi Sunak, n’est pas parvenu jusqu’ici à provoquer le sursaut nécessaire. Entre la crise économique, l’inflation, les difficultés du système de santé, et les promesses non tenues dans la lutte face à l’immigration clandestine, le terrain est propice à l’alternance politique.
Mais les Travaillistes disposeront-ils d’une majorité ? Le redécoupage des circonscriptions et la bataille face aux indépendantistes du SNP en Ecosse font que leur avance dans les sondages ne se traduira pas nécessairement par une large majorité au parlement. Dans le cas contraire, ils devront former une coalition, notamment avec le parti Libéral Démocrate. Une configuration rare dans la politique britannique, jamais vue depuis les années 70. Ni Keir Starmer, ni le leader du Libdem, Ed Davey, n’ont exclu un tel scénario.
L’Iran au bord de la ligne rouge
Yves Bourdillon
L’Iran va s’efforcer de tirer les marrons du feu et déstabiliser ses ennemis au Proche Orient via ses « proxies » du Hezbollah au Liban ou des Houthis au Yémen. Il s’agira de viser, notamment, les tankers occidentaux en mer rouge ou Golfe persique sans s’impliquer directement. A ce jeu-là, la ligne rouge peut vite être franchie accidentellement, même si Téhéran, comme Washington ou Paris ont la hantise d’un affrontement direct. Autre motif de crise : au grand dam d’Israël et des Occidentaux, l’Iran semble être déjà un pays du seuil, c’est-à-dire disposant d’assez d’uranium de qualité quasi militaire pour fabriquer rapidement une ou deux bombes atomiques s’il le voulait, même si beaucoup de travail reste à faire pour posséder une ogive opérationnelle. Il dispose de 22 fois la quantité d’uranium faiblement enrichi autorisé par l’accord international défunt de 2015 et se dote chaque mois de 2 kg d’uranium 235 de plus (il en faut une vingtaine pour une bombe). Téhéran organisera aussi en juin des législatives permettant de mesurer l’influence des divers clans abusivement présentés comme réformateurs ou conservateurs au sein d’un régime à la fois solide, grâce aux matraques, et fragile, pour cause de stagnation économique et sociale. Aucun opposant véritable ne sera évidemment autorisé à concourir, surtout après l’écrasement de la révolte des femmes face à l’obligation vieille de presque un demi siècle de porter le voile.
Retour sur nos prévisions : nous nous sommes tant trompés
Yves Bourdillon
Soyons honnête : nous ne nous sommes jamais autant trompé qu’en 2023, depuis dix ans que nous pratiquons le jeu des prévisions qui, comme disait Pierre Dac, « sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir ». Nous pensions que l’Ukraine pouvait gagner la guerre. Sa contre offensive à échoué. Que l’Iran peinerait à réprimer la révolution « femme, vie, liberté ». Perdu, l’ordre des matraques règne à Téhéran. Que les Américains commenceraient à tourner la page Trump. Il est, sous réserve d’invalidation, le favori de la présidentielle de novembre. Qu’il y aurait une récession mondiale. Ce n’est heureusement pas arrivé. Que le président turc, Recep Tayyip Erdogan serait en difficulté à l’élection présidentielle. Il l’a remporté au premier tour. Ultime «wishful thinking», la France n’a pas gagné la coupe du monde de rugby. Seule, notre prévision sur les tensions persistantes autour de Taïwan s’est avérée juste tout comme celle sur le reflux de l’inflation et de la pandémie.
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