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Il y eut certes des échanges vifs, quelques invectives, des apostrophes. Mais l’essentiel est là : au terme de deux jours de débats en session plénière, les députés grecs ont voté, ce jeudi soir, la légalisation du mariage civil et de l’adoption pour les couples de même sexe. Le texte a été approuvé par 176 des 254 députés présents. Un bouleversement majeur dans une société ou l’Eglise orthodoxe et la famille traditionnelle occupent encore une place prépondérante.
« La réforme pour laquelle nous votons rend la vie de plusieurs de nos concitoyens meilleure, sans rien enlever à la vie de beaucoup, pour que des personnes jusqu’à présent invisibles puissent enfin devenir visibles et qu’avec elles de nombreux enfants puissent enfin trouver la place qui leur convient », a souligné le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, en début d’après-midi.
Des centaines de familles concernées
Le dirigeant conservateur, qui a porté le texte, a ainsi ponctué une séquence politique étonnamment courte considérant la portée du sujet. Alors que la Grèce a rechigné pendant des années avant d’ouvrir l’union civile aux couples de même sexe en 2013 – elle fut même condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour cette raison -, le projet de loi a été annoncé il y a un mois à peine.
Celui-ci prévoit, outre le mariage civil, l’adoption par les couples homosexuels – la légalisation du recours à la gestation pour autrui a en revanche été écartée. Il va aussi permettre de régulariser la situation de centaines de familles : jusqu’ici, seul le parent biologique avait des droits sur les enfants, empêchant par exemple ces derniers de percevoir un héritage en cas de décès de l’autre parent.
Résistances
Au sein d’une société ou l’Eglise n’est pas séparée de l’Etat et ou plus de 90 % de la population se déclare orthodoxe, de telles dispositions ont inévitablement entraîné des résistances. Dimanche, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées place Syntagma, en plein coeur d’Athènes, pour protester contre le projet de loi devant le Parlement.
Parmi les manifestants, des sympathisants du parti d’extrême-droite Niki mais aussi des popes et des religieuses. L’Eglise orthodoxe figure parmi les principaux opposants au texte : réunion en session extraordinaire fin janvier, le Saint-Synode a réitéré son opposition totale au projet de loi. Le 4 février, un texte a été lu dans toutes les églises de Grèce ; une lettre a également été adressée aux 300 députés de la Vouli, le Parlement grec.
Fait inhabituel, le vote de ce jeudi s’est fait par appel nominal, et la position de chaque député est donc connue. Cela n’a pas empêché le projet de loi d’être adopté et la Grèce de devenir le 37e pays à légaliser le mariage pour les couples de même sexe (le premier à majorité orthodoxe).
La majorité divisée
Malgré les réticences d’un certain nombre de députés de son parti Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis était quasiment assuré d’obtenir une majorité grâce aux voix des formations de centre-gauche, Syriza et Pasok-Kinal.
Mis en difficulté durant son premier mandat par le scandale des écoutes,tancé récemment par le Parlement européen pour les graves manquements à l’Etat de droit constatés en Grèce, le Premier ministre peut ainsi espérer regagner du crédit à l’international.
Le texte, bien plus progressiste que les positions traditionnelles de son parti, ne devrait pas non plus ébranler sa mainmise sur la scène politique grecque. « Nouvelle Démocratie et Mitsotakis sont loin devant les autres formations dans les sondages, cela lui donne donc la liberté de conduire ce genre d’initiatives », estime Petros Ioannidis, analyste politique à la tête de l’institut de sondage Aboutpeople.
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