[ad_1]
La sanction américaine est tombée. Depuis le 7 octobre et le début de la guerre dans la bande de Gaza, les colons extrémistes israéliens qui se livrent en toute impunité à des incendies de maisons, de voitures, à des agressions physiques et des expulsions forcées de Palestiniens étaient dans le collimateur de Joe Biden. Lors de chaque rencontre ou entretien, le président américain ou son secrétaire d’Etat, Antony Blinken, ont systématiquement pressé le gouvernement de Benyamin Netanyahou de sévir contre les exactions commises de petits groupes de colons qui sèment la terreur, sous prétexte de venger les quelque 1.200 victimes tuées par le Hamas dans le sud d’Israël.
Face à l’inaction des autorités israéliennes et des déclarations de soutien de certains ministres à ces têtes brûlées, Joe Biden a décidé de passer à l’action. « La situation en Cisjordanie a atteint des niveaux intolérables de violence et constitue une menace sérieuse pour la paix, la sécurité et la stabilité », a souligné le président. Passant des paroles aux actes, il a annoncé par un « ordre exécutif » que quatre colons sont non seulement interdits de séjour aux Etats Unis, mais qu’ils sont aussi sanctionnés financièrement. Tous leurs biens sur le territoire américain, à supposer qu’ils en aient, sont gelés.
Exactions
Toute la question est de savoir si d’autres colons vont être à leur tour visés. En décembre déjà, le département d’Etat avait annoncé que des colons impliqués dans des exactions anti-palestiniennes ne pourraient plus obtenir de visas d’entrée aux Etats-Unis, mais sans préciser leur nombre ni leur identité. Autre moyen de pression : les Etats-Unis ont bloqué la fourniture de 20.000 fusils d’assaut de type M-16 de crainte que certaines de ces armes soient distribuées sans contrôle à des membres « d’unités de sécurité » dans les colonies, dont certaines ont des allures de milices.
Un des quatre colons visés, David Chai Chasdai, est accusé d’incendies volontaires, d’agressions contre des civils, de participation à une émeute dans la localité de Hawara, dans le nord de la Cisjordanie, à la suite du meurtre de deux Israéliens, qui avait coûté la vie à un Palestinien et fait 98 blessés, sans que l’armée israélienne intervienne à temps.
Impunité
Les deux autres colons incriminés ont agressé des militants israéliens de gauche venus exprimer leur solidarité aux Palestiniens. Selon Yesh Din (il y a une justice en hébreu), une ONG opposée à la colonisation, 10 Palestiniens auraient été tués par des colons depuis le 7 octobre. La Coordination des questions humanitaires de l’ONU a précisé que plus de 1.200 Palestiniens ont été contraints par des colons de quitter leur lieu de résidence ou de pâturage. Dans l’immense majorité des cas, les auteurs de toutes ces violences ont bénéficié d’une impunité.
Le phénomène a pris une telle ampleur que dès la fin octobre, le chef du Shin Beth, Ronen Bar, le service de sécurité chargé de la lutte antiterroriste, avait mis en garde le gouvernement sur les risques que les violences des colons extrémistes poussent les Palestiniens de Cisjordanie à bout et déclenchent une nouvelle Intifada.
Ennemis d’Israël
Le message n’est pas passé au plus haut niveau. Benyamin Netanyahou a plaidé non coupable et, fait rare, critiqué directement le président américain. « Israël agit partout contre ceux qui enfreignent la loi, c’est pourquoi il n’y avait pas lieu de prendre des mesures exceptionnelles à cet égard », a souligné le chef du gouvernement. Une réaction qui s’explique par son souci de ne pas heurter les ministres d’extrême droite dont le soutien au Parlement lui est vital. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a proclamé que le président Biden « a tort de s’en prendre aux colons héroïques de Judée-Samarie » l’appellation biblique de la Cisjordanie.
Son collègue Bezalel Smotrich, ministre des Finances, a été encore plus véhément : « C’est une honte que l’administration Biden coopère à une campagne de mensonges antisémites propagée par les ennemis d’Israël. »
[ad_2]
Source link