[ad_1]
Publié le 22 juil. 2023 à 10:30
La Réserve fédérale et la Banque centrale européenne sont à un tournant de leur resserrement monétaire. Peuvent-elles convaincre de leur volonté à monter les taux alors que l’inflation baisse ?
Les banques centrales ont été on ne peut plus claires sur leurs intentions . Elles vont l’une comme l’autre augmenter leurs taux de 25 points de base lors de leur réunion. Pour la suite, je pense qu’elles sont conscientes qu’il y a plus de risques à ne pas en faire assez plutôt qu’à en faire trop. Une part importante de leurs efforts a consisté à ancrer les anticipations d’inflation, c’est-à-dire à convaincre que la hausse des prix allait bien redescendre à leur cible de 2 %. Elles ne peuvent pas se laisser surprendre par une hausse surprise de l’inflation coeur [hors alimentation et énergie, NDLR], qui provoquerait un désancrage des attentes.
Ces hausses de taux vont-elles être les dernières ?
Pour les Etats-Unis, il y a quand même une petite chance pour qu’un ultime tour de vis ait lieu en septembre. En zone euro, je pense que de nouvelles hausses seront nécessaires. Mais la question la plus importante est celle de savoir combien de temps la Fed, ou la BCE, maintiendront leurs taux directeurs sur un plateau, c’est-à-dire à un niveau élevé. Car au fur et à mesure que l’inflation va baisser, les taux réels vont mécaniquement augmenter. L’effet sur l’économie d’un taux de la Fed à 5,25 % est moins fort quand l’inflation est à 5 % que quand elle est à 3 %. Autrement dit, même en arrêtant de monter les taux le resserrement va de facto se poursuivre.
La Banque centrale européenne va-t-elle pouvoir continuer ses tours de vis si la Fed arrête les siens ?
Depuis des mois, Christine Lagarde répète que la BCE ne fera pas de compromis pour atteindre son objectif. Elle devrait donc continuer à agir tant que l’inflation ne donnera pas de signes réels de décélération. Elle peut le faire. Jusqu’à présent, l’économie a plutôt bien résisté aux hausses de taux rapide, notamment grâce au soutien des politiques budgétaires. Avec son approche de décision réunion par réunion en fonction de l’évolution des données, elle dispose de la souplesse nécessaire pour marquer une pause si les conditions se détériorent trop vite. Et s’il fallait faire plus, elle commence à retrouver des niveaux de taux suffisants pour bénéficier d’une marge de manoeuvre.
Les banques centrales sont conscientes qu’il y a plus de risques à ne pas en faire assez plutôt qu’à en faire trop.
Les marchés ne semblent pas croire à cette poursuite du resserrement….
Depuis le début de la flambée de l’inflation, les investisseurs ont systématiquement sous-évalué la volonté et la capacité des banques centrales à relever leur taux. Le retour à la réalité a été brutal pour le marché obligataire, que ce soit en février ou au début du mois . Et c’est encore ce qui se passe en zone euro. Les investisseurs tablent sur un taux terminal de la BCE [celui où la banque centrale arrêtera ses hausses, NDLR] à 4 %. Mais elle va peut-être devoir aller au-delà, un risque qui n’est pas assez pris en compte et qui pourrait entraîner de nouveaux épisodes de forte volatilité sur les obligations.

Franck Dixmier est chef de l’investissement obligataire chez Allianz GI.Allianz Global Investors
[ad_2]
Source link