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Malgré une contraction de 0,1% de l’activité économique française au troisième trimestre, Bercy continue de tabler sur une croissance de 1% cette année, puis de 1,4% en 2024.
L’influente agence de notation S&P Global Ratings doit dire vendredi si elle abaisse ou pas la note financière de la France, Bercy redoutant une dégradation synonyme de sanction envers la politique économique du gouvernement.
S&P clôt les revues d’automne des grandes agences de notation pour la France. La note AA qu’elle lui donne actuellement est équivalente au Aa2 de Moody’s. Fitch est un cran en dessous avec AA-, après avoir dégradé la France en avril.
Mais là où Moody’s attribue une perspective « stable » à sa note, S&P a une perspective négative, épée de Damoclès dont tout le monde se demande si elle s’abattra vendredi sur les finances publiques françaises dans un contexte de taux d’intérêt élevés.
« Tout est possible, c’est eux qui décident. Mais je pense que nous avons apporté des arguments solides sur la crédibilité de notre détermination à baisser la dette, à ramener les déficits sous les 3% (d’ici 2027, NDLR) et à tenir les dépenses publiques », a commenté vendredi le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, sur France Inter.
Jeter « des milliards d’euros par la fenêtre »
« Les dépenses publiques nous les réduisons, les déficits nous les faisons baisser et la dette publique nous accélérons le désendettement », a-t-il insisté, promettant pour 2023 d’atteindre 4,9% de déficit.
Il avait par ailleurs noté, la semaine dernière sur Franceinfo, qu’une dégradation de la France aboutirait à jeter encore « des milliards d’euros par la fenêtre » pour payer des intérêts de dette encore possiblement renchéris par les marchés.
Malgré une contraction de 0,1% de l’activité économique française au troisième trimestre, Bruno Le Maire continue de tabler sur une croissance de 1% cette année, puis de 1,4% en 2024.
« La parole du ministre des Finances est crédible et j’espère emportera la conviction des agences de notation », a-t-il lancé.
Dans un contexte d’économie européenne au ralenti, le consensus des économistes pour la croissance de la France n’est qu’à 0,8% pour 2024, et a été rejoint mercredi par l’OCDE, qui prévoyait encore 1,2% en septembre.
Des « risques » sur l’exécution des objectifs budgétaires
En juin, S&P avait prévenu des « risques » sur l’exécution des objectifs budgétaires, et donc sur la capacité de réduire une dette de plus de 3.000 milliards d’euros dont le remboursement annuel deviendra le premier poste de dépenses de l’Etat en 2027, devant l’Education.
L’agence, avec laquelle Bercy communique régulièrement, s’inquiétait notamment que l’absence de majorité absolue au Parlement empêche le gouvernement de mener à bien ses textes économiques.
Elle peut se trouver rassurée sur ce point, du moins pour le moment. Pour la 19ème fois depuis qu’elle est à Matignon, Elisabeth Borne a utilisé dimanche, pour la partie recettes du budget de la sécurité sociale, l’article 49.3 de la Constitution permettant au Premier ministre de faire adopter un texte sans vote, et cela dans la quasi-indifférence générale.
« Les réformes des retraites et du travail ont plu à l’agence de notation », relève également Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.
Une dégradation ultérieure
Mais « même si la France maintenait une note AA cette fois, le risque resterait d’une dégradation ultérieure », observe-t-il, par exemple si l’endettement n’est pas réduit assez rapidement.
Selon un conseiller gouvernemental, une dégradation équivaudrait à « une remise en cause du bilan sur la politique économique de la France ».
La Commission européenne a prévenu en novembre que la France risquait de ne pas être dans les lignes en 2024, et une peu glorieuse procédure de déficit excessif pourrait viser le pays en juin prochain.
Pour le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici, interrogé sur Europe 1, à un niveau de 109,7% du PIB prévu pour l’an prochain, la dette constitue un poids « qui paralyse l’action publique ».
Il a cependant « le sentiment que le gouvernement a compris qu’il faut faire un effort supplémentaire ».
Bruno Le Maire avance actuellement des propositions pour assurer le plein emploi et alléger les dépenses publiques, comme l’abaissement de la durée d’indemnisation des chômeurs de plus de 55 ans.
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