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(BFM Bourse) – Sur les dix derniers groupes entrés sur l’indice, six baissent nettement depuis leur inclusion et trois en sont même sortis (ou presque pour Alstom). Ce qui montre qu’une arrivée sur le CAC 40 peut très bien survenir au moment où l’action a fini de manger son pain blanc en Bourse.
C’est le grand retour d’une valeur qui était présente dans le CAC 40 dès sa création, en 1987. Le groupe hôtelier Accor revient lundi dans l’élite de la Bourse de Paris, un peu plus de trois années après l’avoir quittée, en septembre 2020, en pleine pandémie.
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Ce « come-back » consacre le redressement de la société dirigée par Sébastien Bazin en l’espace de quelques années. Le groupe a su capitaliser sur la reprise du tourisme et a publié au titre de 2023 un résultat brut d’exploitation record de plus d’1 milliard d’euros. UBS et Jefferies sont toutes deux récemment passées à l’achat sur la valeur, jugeant que le groupe a encore du potentiel, notamment pour combler sa décote boursière face à son comparable britannique IHG.
A voir toutefois si Accor parvient à transformer l’essai après son intégration dans le CAC 40. Certes à court terme une entrée dans le baromètre de référence de la Bourse de Paris est positive car les gérants de fonds indiciel (ETF) qui suivent le CAC 40 doivent acheter la valeur pour continuer de répliquer l’indice.
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Mais à moyen et long terme, rejoindre le CAC 40 n’est pas synonyme d’une poursuite de rallye boursier. Edenred en sait quelque chose. Dernier groupe à être entré sur le CAC 40, mi-juin 2023 (en faisant exception de Vivendi qui n’y est revenu qu’en décembre dernier), le spécialiste des titres restaurant, cartes carburant et paiements interentreprises perd environ 20,7%. Le groupe a pâti d’un bénéfice net décevant au premier semestre, de menaces par l’exécutif d’un plafonnement des commissions des émetteurs de titres restaurant en France (qui n’a pas été suivi d’application) et plus récemment de l’ouverture d’une enquête en Italie concernant un appel d’offre lancé en 2019 et potentiellement faussé.
Edenred ne constitue guère un exemple isolé. Sur les dix dernières valeurs à avoir rejoint le CAC 40 (nous avons exclu Vivendi qui n’y est de retour que depuis trois mois), six affichent une large baisse de leurs cours depuis leur intégration. Deux d’entre elles, Atos et Worldline, en sont même sorties, respectivement en 2021 et 2023, et Alstom en sera exclu lundi.
Un timing parfois mauvais
« L’entrée dans le CAC 40 ne garantit pas un beau parcours boursier. L’action, en rejoignant le CAC 40, est alors soumise à des logiques indicielles, qui peuvent, lors de cycles de hausses, entraîner une progression du titre déconnectée des fondamentaux. Mais à l’inverse, lorsque le cycle se retourne, la baisse peut être très sévère pour le titre. C’est parfois une bénédiction en période de progression boursière et une malédiction en période de repli », expliquait l’an passé à BFM Bourse Frédéric Rozier, gérant chez Mirabaud France.
« Le risque lors de l’intégration dans le CAC 40 est de faire entrer des actions qui sont à leur pic boursier ou proches de ce pic, avec des bonnes nouvelles qui sont déjà derrière nous et une valorisation déjà tendue. Cela est souvent le cas des valeurs industrielles, qui peuvent rentrer alors que leur activité se situe sur le haut du cycle économique », complétait l’expert.
Certes, certains titres ont connu un beau parcours. Hermès (+335,65%) n’a cessé de dépasser les attentes et de publier une croissance solide, même encore sur la fin de 2023, lorsque le secteur du luxe a connu une normalisation assez brutale. STMicroelectronics et Dassault Systèmes, deux valeurs technologiques, ont bien progressé (+157,6% pour STMicro entré en septembre 2017 et +63% pour Dassault, arrivé un an plus tard). Même si leur ascension boursière a parfois pu connaître des trous d’air. Dassault Systèmes a ainsi perdu plus de 10% en février, après la parution de ses résultats annuels, en raison de ventes de nouvelles licences inférieures aux attentes et d’une croissance décevante dans les sciences de la vie.
Thales constitue un cas singulier. Si le groupe n’a connu qu’un seul vrai accroc en termes d’exécution, avec un avertissement sur ses ventes à l’automne 2019, c’est surtout l’éclatement du conflit en Ukraine en mars 2022 et le regain de tensions géopolitiques qui permettent au groupe d’afficher une hausse de plus de 37,4% depuis son intégration dans le CAC 40 en juin 2019. La guerre en Ukraine a en effet remis dans le radar des investisseurs les groupes de défense, auparavant boudés par les marchés car perçus comme ayant peu de qualités ESG (environnement, social, gouvernance, les critères extra-financiers).
La descente aux enfers de plusieurs valeurs
Mais en dehors de ces quatre exemples, les corrections sont sévères. Atos plonge de près de 100% depuis mars 2017, lorsque le groupe était entré sur le CAC 40 avant d’en sortir en septembre 2021. L’entreprise de services informatiques a enchaîné les déconvenues, en partie parce que la société a sous-estimé le déclin de ses activités d’infogérance ainsi que la montée en puissance du cloud public. Mais aussi en raison d’une instabilité managériale chronique (cinq directeurs généraux se sont succédé depuis 2019). Le groupe a récemment dû renoncer à une augmentation de capital et est actuellement en discussions avec ses créanciers. Atos fait face à un mur de dettes, avec 3,65 milliards d’euros d’emprunts à refinancer entre 2024 et 2025.
Worldline (-78,06% depuis son entrée sur le CAC 40 en mars 2020) a surtout pris le bouillon à l’automne dernier, avec une baisse de 59% sur une séance. Cela a conduit à son éviction du CAC 40 en décembre. Le groupe avait publié une croissance décevante, abaissé ses perspectives pour 2023 et tiré un trait sur ses précédents objectifs 2024. Ce qui a poussé son partenaire Crédit Agricole à voler à son secours en prenant une participation de 7% en janvier. Ce dans le but de renforcer leurs liens mais probablement aussi de repousser de potentiels prédateurs… La société a encore déçu lors de la publication de ses résultats annuels et Oddo BHF juge qu’il « faudra du temps pour rassurer les investisseurs sur la compétitivité du groupe ».
Alstom (-70,8% depuis septembre 2020), qui ne fera plus partie du CAC 40 lundi, a souffert de l’intégration du canadien Bombardier Transport depuis janvier 2021. La digestion de ce rachat s’est faite dans la douleur et a plombé sa génération de trésorerie. Mais le groupe a surtout dévissé de plus de 37% sur une séance en septembre lorsqu’il a annoncé avoir brûlé de plus de 1 milliard d’euros de cash au premier semestre de son exercice décalé. La société réfléchit actuellement à plusieurs façons de renforcer son bilan financier, avec, parmi les leviers envisagés, une potentielle augmentation de capital. Le but est de réduire son endettement et préserver ainsi sa note de crédit, actuellement située sur le dernier cran de la catégorie non spéculative. L’agence Moody’s attribue une perspective négative à cette note.
Entré en juin 2020 dans le CAC 40, Teleperformance a surtout souffert en 2023, perdant 59,5% depuis son inclusion dans l’indice. La faute à une acquisition majeure mais mal reçue du marché (le luxembourgeois Majorel) et à plusieurs trimestres de croissance décevante, dont les trois derniers mois de 2023. Mais aussi aux craintes des investisseurs quant à l’impact de l’intelligence artificielle générative sur l’activité de Teleperformance. Il y a deux semaines, le titre a décroché de plus de 25% après qu’une fintech suédoise, Klarna, a vanté les prouesses d’un assistant d’IA qui lui aurait permis de remplacer 700 équivalents temps plein en effectuant des tâches simples de relation client. Quand bien même la direction a souligné que cet outil n’avait rien d’exceptionnel et ne menaçait pas Teleperformance, le groupe devra faire ses preuves auprès des investisseurs dans les prochains trimestres pour conserver sa place au sein du CAC 40.
Quant à Eurofins Scientific, le laboratoire d’analyses pharmaceutiques et alimentaires illustre à merveille le cas typique d’une société entrée sur le CAC 40 au « mauvais moment », en septembre 2021, alors qu’elle était à son firmament boursier. Le titre était alors quasiment à son plus haut historique.
Sauf qu’Eurofins bénéficiait alors d’une croissance forte portée par la demande pour sa large gamme de produits et tests essentiels à la gestion du Covid-19. Avec la fin de la pandémie et la normalisation de la situation sanitaire, ce vent porteur a évidemment fini par perdre sa puissance. Depuis, le virage de l’après-Covid n’est guère évident à négocier, tout du moins sur le plan boursier. Lors de la publication de ses résultats annuels, Eurofins a encore été lourdement sanctionné en raison d’un flux de trésorerie et d’un dividende nettement inférieurs aux attentes.
Julien Marion – ©2024 BFM Bourse
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