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Publié le 4 janv. 2024 à 18:59Mis à jour le 4 janv. 2024 à 19:19
Contenir le conflit Israël-Hamas à tout prix. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, est à partir de ce jeudi soir dans un Proche-Orient au bord de l’embrasement. Il s’agira de son quatrième déplacement dans la région. Il se rendra en Israël, dans cinq pays arabes, ainsi qu’en Cisjordanie, en Turquie et en Grèce.
Ce nouveau déplacement intervient dans un contexte extrêmement tendu, qui fait monter les craintes d’une régionalisation du conflit entre l’Etat hébreu et le Hamas. Mardi, Israël, qui n’a pas revendiqué l’opération, a envoyé un drone jusque dans la banlieue de Beyrouth, en plein bastion du Hezbollah, pour éliminer le numéro deux du mouvement palestinien, Saleh al-Arouri. Une élimination ciblée à haut risque . « Nous ne craignons pas la guerre », a réagi dans la foulée le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.
L’Iran, de son côté, a été déstabilisé mercredi par l’attentat le plus meurtrier dans le pays depuis 1978 : une double explosion qui a fait 84 morts près de la tombe du général Qassem Soleimani, revendiquée ce jeudi par le groupe terroriste Etat islamique, bien que Téhéran ait dans un premier temps accusé les Etats-Unis et Israël. Quant à la mer Rouge, elle devient une zone de conflit entre les rebelles Houthis et la communauté internationale via les navires qui y circulent. Portwatch, la plateforme de surveillance du trafic maritime du Fonds monétaire international et de l’université d’Oxford, estime que les volumes transitant par le canal de Suez étaient ainsi fin décembre inférieurs de 28 % par rapport à un an plus tôt.
Dilemme américain
Dans ce contexte, Antony Blinken s’efforcera de nouveau de jouer les pompiers. Aucun pays n’a « intérêt à une escalade », a déclaré Matthew Miller, le porte-parole de la diplomatie américaine, en amont du déplacement. Le chef de la diplomatie américaine s’est également entretenu mercredi avec son homologue française, Catherine Colonna, de mesures visant à « éviter l’escalade au Liban et en Iran », selon Washington.
Dans ce contexte, la Maison-Blanche va de nouveau jouer aux équilibristes. « Blinken vient redire la solidarité des Etats-Unis avec Israël, sur les livraisons de munitions notamment », souligne le géopolitologue Frédéric Encel. « Les Etats-Unis vont continuer de faire pression sur Israël mais uniquement sur la dimension humanitaire du conflit, pour obtenir des trêves et exiger que les bombardements soient moins meurtriers. En revanche, ils n’exigent pas de cessez-le-feu à Gaza, qui serait un désastre pour Israël. »
C’est ce dilemme américain qui sera au coeur du voyage de Blinken, souligne également le politologue Dominique Moïsi : « Comment soutenir Israël tout en faisant changer la politique d’Israël ? Les Israéliens ont suivi le conseil des Américains en effectuant une élimination ciblée, très efficace, symbolique, du numéro 2 du Hamas, sans faire de victime civile. Mais est-ce que ce ne sera pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, qui poussera le Hezbollah et les Palestiniens des territoires à prendre les armes ? »
De plus, poursuit le politologue, Israël a déjà mobilisé ses réservistes en masse et la tentation pourrait être grande au sein du gouvernement de Netanyahou de régler la menace que représente le Hezbollah, en plus du Hamas.
Le précédent James Baker
Jusqu’où Washington pourrait-il tordre le bras de Benyamin Netanyahou ? Les observateurs se remémorent un lointain prédécesseur d’Antony Blinken, James Baker, qui, au début des années 1990 sous la présidence de George Bush père, avait contraint le gouvernement nationaliste israélien de Yitzhak Shamir à renoncer à son programme de colonies en Cisjordanie et à Gaza.
« Antony Blinken se montre, au moins d’un point de vue rhétorique, de plus en plus sévère avec Benyamin Netanyahou », souligne Frédéric Encel. « Joe Biden pourrait, par son biais ou non, essayer de peser sur l’opinion publique israélienne et surtout les députés les plus modérés de l’actuelle coalition pour leur faire comprendre que le soutien américain serait plus important avec un autre gouvernement en Israël… » Il pourrait aussi balayer les ambitions de certains ministres israéliens de pousser à une émigration massive des Palestiniens , souligne Dominique Moïsi.
L’année électorale a cependant débuté aux Etats-Unis et Joe Biden ne peut pas se permettre d’en faire moins en faveur de l’Etat hébreu. « Non pas en raison du vote des Juifs américains, qui sont peu nombreux et votent de toute manière démocrate dans des Etats acquis aux démocrates, poursuit Frédéric Encel, mais en raison du vote des évangéliques, extrêmement favorables à Israël, dont le nombre dépasse désormais les 97 millions aux Etats-Unis. » Tant que le conflit se poursuit, l’administration Biden devrait donc poursuivre son numéro d’équilibriste.
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