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Publié le 4 juil. 2023 à 16:11Mis à jour le 4 juil. 2023 à 17:24
C’est une querelle qui oppose les défenseurs de l’environnement à ceux du pouvoir d’achat des automobilistes. A Londres, la zone à faibles émissions (ZFE), imposant des pénalités aux véhicules les plus polluants, est au coeur d’une bataille judiciaire qui met sous pression le maire travailliste de la capitale, Sadiq Khan, à un an des élections municipales.
La Haute Cour de Londres examine à partir de ce mardi le recours lancé par cinq communes de l’agglomération contre cette zone, dite ULEZ (pour « Ultra low emission zone »).
Le litige porte sur l’extension des pénalités au Grand Londres, la région administrative autour de la capitale qui englobe près de 9 millions d’habitants. A compter du 29 août, les véhicules les plus polluants – fabriqués avant 2006 (norme Euro 4) pour les moteurs essence et avant 2015 (norme Euro 6) pour les diesels – seront pénalisés à hauteur de 12,50 livres (14,80 euros) par jour pour entrer dans la zone concernée, sans quoi les automobilistes devront s’acquitter d’une amende de 160 livres. A noter que la ville est équipée d’un système de caméras de surveillance qui rendent les amendes quasi inévitables.
Marqueur politique
Londres est l’une des premières métropoles à avoir inauguré une ZFE en 2019. Son extension en ferait l’une des plus grandes au monde. Le maire travailliste, Sadiq Khan, en a fait un marqueur politique, lui-même diagnostiqué asthmatique à l’âge adulte, une expérience dont il a tiré son dernier livre, « Breathe » (« Respire »), un plaidoyer pour la lutte contre le changement climatique.

Il se heurte à des résistances sur le terrain de la part de ceux qui mettent en avant le coût élevé pour les résidents, artisans ou commerçants qui n’auront pas toujours les moyens de changer leur véhicule. Ses opposants l’accusent de frapper la classe ouvrière en pleine période de crise du pouvoir d’achat. Un débat qui n’est pas sans rappeler la polémique autour des ZFE en France.
« Nous constatons déjà une colère généralisée face à la perspective que le maire poursuive ce projet de taxe sur les automobilistes, du fait des dégâts attendus sur l’économie locale, les emplois et les réseaux de soins », a avancé Colin Smith, élu conservateur de la municipalité de Bromley, au sud-est de Londres, ajoutant que « la grande banlieue de Londres, ce n’est pas la même chose que le centre ». Le réseau de transport en commun est moins dense à mesure qu’on s’éloigne du coeur de la capitale.
96 sabotages
Signe de cette grogne, l’autorité des transports de Londres, la TFL, a constaté 96 sabotages de caméras utilisées pour les contrôles. Des centaines de personnes ont aussi manifesté à plusieurs reprises. Pour aider les automobilistes à convertir les vieux véhicules, une prime à la casse a été mise en place à l’attention des ménages modestes. Ce schéma est considéré comme insuffisant, d’autant qu’il n’englobe pas la population limitrophe de Londres, qui sera elle aussi affectée par cette taxe.
Dans ce contexte, une controverse a émergé sur le parc de véhicules concerné par l’extension. La TFL estime que la taxe s’appliquera à 160.000 véhicules supplémentaires. La RAC, l’association de défense des automobilistes, a obtenu des données montrant que 700.000 voitures seraient concernées par cette taxe, dénonçant « un impact financier massif pour les conducteurs et les entreprises ».
« Plaire à 100 % des Londoniens »
Lors d’une consultation publique, 59 % des Londoniens s’étaient prononcés contre cet élargissement. Les sondages sont moins catégoriques, comme le montre celui de l’institut YouGov lancé en juillet 2022 par la Greater London Authority (GLA) auprès de 1.245 résidents. Parmi eux, 51 % se disaient favorables au projet, 27 % étaient contre, et 8 % préféraient une mise en place ultérieure.
Malgré ces réticences, Sadiq Khan a donné son feu vert à l’extension de la zone à faibles émissions. Dans une interview à Reuters, il a plaidé le fait que « 5 millions de Londoniens supplémentaires » allaient « respirer un air frais ». « Vous ne pouvez pas sans arrêt plaire à 100 % de la population. Aucun politique dans l’histoire n’y est arrivé », a-t-il ajouté. L’histoire dira si, à un an des élections à la mairie de Londres, ce pari était le bon.
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