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« J’assume ». La formule répétée par Gabriel Attal lors de sa première visite à Berlin depuis sa nomination est conforme à l’image que les Allemands se font du Premier ministre français : un pur produit du macronisme.
En l’occurrence, il a assumé les divergences franco-allemandes à propos de la conclusion de l’accord commercial entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur , le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Pour le chancelier Olaf Scholz, l’accord « en négociation depuis vingt ans doit tout de même être conclu un jour ». Surtout, « il a une grande valeur géostratégique », alors que l’UE se plaint de perdre de l’influence dans le monde « sans rien faire ».
Gabriel Attal « assume », pour sa part, de s’opposer à la conclusion de cet accord tant qu’il n’inclura pas des « clauses miroirs ». Elles doivent assurer que l’Europe n’importe pas des marchandises produites selon des méthodes interdites par l’UE. Ce sont des clauses « de bon sens », a-t-il commenté lundi soir devant la presse.
L’approche des deux pays sur ce sujet traduit l’attachement de l’Allemagne au commerce extérieur, sur laquelle elle a bâti sa croissance pendant les années Merkel, rappelle Jacob Ross, spécialiste des relations franco-allemandes à l’institut allemand pour la politique étrangère de Berlin, la DGAP.
Elle reflète aussi leurs réponses divergentes aux manifestations d’agriculteurs des deux côtés de la frontière. « Alors qu’Emmanuel Macron affirme que l’accord sera renégocié pour donner satisfaction aux agriculteurs, le chancelier Scholz leur résiste en rappelant que le libre-échange est fondamentalement favorable à l’Allemagne. »
Attachement français au dialogue avec l’Allemagne
Au-delà de ces différends ponctuels, Gabriel Attal a toutefois voulu réaffirmer l’attachement français au dialogue allemand par cette visite à Berlin, « moins d’un mois » après sa nomination et avant la visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Allemagne en juillet prochain, à l’occasion du 60e anniversaire du traité de l’Elysée qui unit les deux pays.
L’exercice était d’autant plus complexe que le champ de compétence du Premier ministre français et du Chancelier allemand ne se recouvre pas sur le terrain de la politique étrangère.
A quelques jours du voyage d’Olaf Scholz aux Etats-Unis pour convaincre le congrès d’approuver la poursuite de l’aide américaine à l’Ukraine, les nuances sur la qualité de l’aide française et allemande faisaient toutefois encore désordre.
L’Allemagne n’est pas prête non plus à répondre aux offres françaises d’aborder la question de la dissuasion nucléaire en Europe . Olaf Scholz a souligné qu’il n’est pas encore temps de parler de la question, dans un long entretien au quotidien « Die Zeit ». « Ce serait envoyer un mauvais signal aux Américains avant les élections », note Jacob Ross.
Les Allemands se souviennent aussi que le discours de politique général de Gabriel Attal a rappelé, entre les lignes, la perte de compétitivité de leur pays en pleine récession . « En insistant sur le fait que la France est devenue le premier pays en termes d’investissement direct étranger, le président Macron à Davos puis Gabriel Attal à l’Assemblée nationale rappellent que la France a désormais pris la place de l’Allemagne en Europe », remarque Jacob Ross. Il y voit la trace de « Schadenfreude », ce mot allemand désignant une certaine propension des Français à se réjouir des malheurs de l’Allemagne.
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