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Publié le 9 janv. 2024 à 11:58Mis à jour le 9 janv. 2024 à 11:59
C’est une page historique qui se tourne en Corée du Sud. Après de nombreuses tentatives infructueuses par le passé, la Corée du Sud a décidé d’interdire le commerce de viande de chien.
Adopté lundi en commission parlementaire, le projet de loi a été voté par le Parlement ce mardi. Un texte très largement plébiscité par 208 députés contre seulement deux abstentions. Le texte porté par le gouvernement et l’opposition doit entrer en vigueur dans un délai de trois ans.
Six propositions de loi rejetées en 2023
Dans le détail, le texte prévoit que l’élevage, la vente et l’abattage de chiens à des fins de consommation sont interdits. Les contrevenants s’exposent à une amende de 30 millions de wons (environ 20.800 euros) et jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
Depuis plusieurs années, la Corée du Sud tentait d’adopter une telle législation. En 2023, par exemple, pas moins de six propositions de lois, émanant de différents partis politiques, ont été étudiées, puis rejetées par les parlementaires. Principalement du fait du lobbying des éleveurs et des commerçants de viande de chien, qui affirmaient que les projets de loi violaient leur liberté de choisir leur profession et le droit des citoyens de choisir ce qu’ils mangent.
Aides à la reconversion pour une filière en perte de vitesse
Le texte voté ce mardi prévoit d’ailleurs des compensations afin que les entreprises de cette filière puissent se reconvertir. Selon les statistiques officielles, la Corée du Sud compte à ce jour 1.150 sites d’élevage de chiens, 34 abattoirs, 219 distributeurs et environ 1.600 restaurants qui servent de la viande de chien. Pas moins de 388.000 de ces animaux seraient chaque année destinés à la consommation.
Des chiffres qui peuvent affoler mais la tradition de manger de la viande de chien (réputée bonne pour la santé, notamment en été, lors des traditionnelles fêtes de Boknal) a de moins en moins d’adeptes dans un pays où désormais un habitant sur quatre possède un animal de compagnie. En début de semaine, une enquête, publiée et réalisée par le groupe de réflexion Animal Welfare Awareness, Research and Education, établi à Séoul, montrait que neuf personnes sur dix en Corée du Sud déclarent qu’elles ne pensent pas manger de viande de chien à l’avenir. Et que huit sur dix soutiennent l’interdiction de sa vente.
Rôle déterminant de la Première dame
Pourtant, ce n’est qu’en novembre que la classe politique sud-coréenne a réussi à dépasser ses clivages, la majorité présidentielle et les partis d’opposition s’étant mis d’accord pour décider que l’interdiction de ce commerce était un « enjeu politique national majeur ». Les choses se sont aussi accélérées sous l’impulsion du couple présidentiel qui a adopté plusieurs chiens et chats errants par le passé.
Mais c’est la Première dame du pays, Kim Keo-hee, qui s’est montrée la plus active pour interdire le commerce de viande de chien. L’épouse du président sud-coréen, qui n’a jamais caché être une ardente défenseuse du bien-être animal, s’était engagée à plusieurs reprises à mettre fin à la consommation de cette viande pendant le mandat de son époux (qui se termine en 2027).
En août, elle avait ainsi fait une apparition surprise lors de la conférence de presse d’une association locale de défense du bien-être animal. Plus généralement, elle avait également pris l’habitude de régulièrement aborder la question avec ses interlocuteurs, dont la reine consort britannique, Camilla, ou bien encore Catherine Colonna, la cheffe de la diplomatie française. Mi-décembre en voyage officiel aux Pays-Bas, elle avait même affirmé que cette interdiction était une « promesse présidentielle ».
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