[ad_1]
Publié le 20 déc. 2023 à 11:16
En marge du conflit entre Israël et le Hamas, la situation géopolitique se tend en mer Rouge. Les attaques des rebelles Houthis du Yémen contre des navires marchands empruntant la route commerciale du détroit de Bab-el-Mandeb se sont multipliées.
Les armateurs ont été contraints de suspendre leurs trajets, perturbant le commerce international. Le point sur la situation.
1. Que se passe-t-il en mer Rouge ?
Il y a une semaine, les Houthis, proches du Hamas et de l’Iran, ont revendiqué une attaque de missile contre un pétrolier norvégien, qui transportait du carburant vers Israël. Dans les jours qui ont suivi, les attaques, par missile ou par drone, se sont multipliées. Au moins treize navires commerciaux de diverses nationalités ont été visés. Au départ, tous appartenaient à des armateurs qui transitent par Israël ou commercent avec l’Etat hébreu. Mais désormais, les attaques semblent plus aléatoires.
Les Houthis ont revendiqué ces agressions, affirmant agir en riposte à la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza . Ils empêcheront les bateaux « de naviguer en mer d’Arabie et mer Rouge jusqu’à l’entrée de la nourriture et des médicaments dont nos frères de la bande de Gaza ont besoin », ont-ils justifié.
Amidst the maritime chaos unfolding in the Red Sea, here is a simple graphic detailing recent incidents in Bab-el-Mandeb region, this visual encapsulates current challenges faced by one of the globe’s busiest shipping routes pic.twitter.com/fj2d5RNNi5
— Damien Symon (@detresfa_) December 16, 2023
2. Qui sont les Houthis ?
Les Houthis sont un groupe armé rebelle chiite qui contrôle aujourd’hui une grande partie du territoire yéménite, notamment l’ouest du pays, sur les bords de la mer Rouge. Ils se sont opposés au pouvoir central en 2014, provocant une longue guerre civile, à l’origine d’ une immense catastrophe humanitaire dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Le conflit s’est élargi à partir de 2015, avec l’intervention d’une coalition menée par l’Arabie saoudite.
Les Houthis sont membres de « l’axe de la résistance », une alliance politique et militaire entre l’Iran, la Syrie et certains groupes armés islamistes au Moyen-Orient tels que le Hamas, le Jihad islamique palestinien ou encore le Hezbollah au Liban. D’où la revendication de ces attaques, censées mettre la pression sur la communauté internationale et Israël.
3. Quel est le but de la coalition menée par les Etats-Unis ?
En réaction aux menaces en mer Rouge, les Etats-Unis ont annoncé lundi la formation d’ une coalition internationale pour lutter contre ces attaques rép étées. Etats-Unis, Royaume-Uni, mais aussi France, Canada, Italie, Pays-Bas, Bahreïn et Norvège devraient prendre part à l’opération de maintien de la sécurité dans la zone, nommée « Gardiens de la prospérité ». Le but de cette coalition est que les marines des différents Etats patrouillent dans le sud de la mer Rouge et dans le golfe d’Aden, au sud-ouest du Yémen. L’Australie a refusé de s’y associer, tandis que l’Espagne a assuré qu’elle attendrait une décision commune de l’Union européenne ou de l’OTAN pour prendre part à l’opération.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déjà déployé des destroyers en mer Rouge, tandis que la France a annoncé joindre sa frégate Languedoc à l’opération. « Il faut renforcer nos capacités opérationnelles dans la zone pour mettre un terme à ces attaques », a affirmé la ministre des Affaires étrangères tricolore, Catherine Colonna. Le ministère des Armées a quant à lui appelé à « une coalition la plus large possible entre les partenaires ». Si l’appel est lancé, les opérations de sécurité pourraient être longues à se mettre concrètement en place.
4. Quel est l’impact des tensions sur le commerce international ?
Les inquiétudes sur la sécurité de la navigation internationale sont survenues très rapidement après les premières attaques. Maersk, MSC, CMA-CGM… Les grands armateurs n’ont pas tardé à suspendre leurs trajets par le détroit de Bab-el-Mandeb. Les inquiétudes sécuritaires pour les employés sont réelles, mais la sécurité des marchandises est elle aussi en question et le coût des assurances est monté de 0,5 %, d’après Bloomberg.
Le choix est pourtant très coûteux pour ces géants des mers. En effet, cette route maritime, qui traverse notamment le canal de Suez, est l’une des plus empruntée au monde, avec au moins 12 % du commerce international qui transite quotidiennement par ce passage. C’est particulièrement le cas pour le pétrole. Le baril de Brent a bondi de 8 % en une semaine, le West Texas intermediate (WTI) de plus de 7 %.
Les compagnies maritimes ont pris le parti de mettre leurs navires à l’abri dans des zones sûres, ou de les dérouter vers l’Afrique du Sud, comme l’a décidé Maersk. Cette route, qui emprunte le cap de Bonne espérance, est plus longue d’environ dix jours, et donc plus coûteuse en carburant et en équipages. Mais cela « permettra à terme d’obtenir des résultats plus rapides et plus prévisibles pour nos clients et leurs chaînes d’approvisionnement », explique l’armateur danois, qui possède 15 % des porte-conteneurs de la planète.

[ad_2]
Source link