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Publié le 18 nov. 2023 à 9:07
Après les crédits carbone , les crédits plastiques. Dans ses recommandations transmises en amont des discussions de Nairobi pour un traité un traité international contre la pollution plastique, l’entreprise Verra appelle à l’utilisation de « crédits plastique » pour soutenir les objectifs. L’organisation non lucrative, déjà active sur le marché du carbone, a récemment lancé ses propres crédits plastiques. Elle n’est pas la seule à se positionner sur ce marché, en proposant aux industriels de financer des actions de collecte de déchets, de recyclage, ou d’investir indirectement dans des infrastructures de gestion des déchets.
Présenté comme « une pièce du puzzle » pour lutter contre la pollution par les entreprises, le dispositif est aussi âprement critiqué par les associations. L’idée de départ est « d’adopter les meilleures pratiques des crédits carbone et de les appliquer au plastique », promet par exemple sur son site Internet PCX Markets. De son côté, CleanHub, fondée en 2020, revendique déjà avoir collaboré avec 300 marques et collecté six millions de kilos de déchets plastiques.
Enrayer la machine
L’essentiel de leur activité, qui repose sur « la promesse de collecter une certaine quantité de déchets plastique », se concentre vers l’Asie, comme aux Philippines, où le gouvernement impose aux industriels de collecter eux-mêmes leurs déchets ou de faire appel à une entreprise externe. « Il y a dans le monde 2 milliards de personnes qui ne sont pas reliées à une gestion des déchets efficace. Les crédits plastique permettent de financer leur collecte et de créer des infrastructures de gestion des déchets », indique le cofondateur de CleanHub, Louis Pfitzner. A ce jour, la société participe à la construction de onze projets d’infrastructures de gestion des déchets de différentes tailles.
La promesse faite aux industriels est de collecter des déchets, mais aussi parfois d’être accompagnés sur la conception de leurs emballages. « Les consommateurs détestent le plastique, mais les marques ne peuvent pas prendre de mesures effectives immédiatement. En achetant des crédits plastique, elle peuvent en revanche dire que pour chaque produit vendu, une quantité donnée de plastique est collectée », détaille Louis Pfitzner.
Des nanodéchets impossibles à collecter
Oui, mais voilà : si l’idée semble « bonne au départ », elle a plutôt « l’effet inverse », regrette Henri Bourgeois-Costa, directeur des affaires publiques à la Fondation Tara Ocean. Au coeur de ce scepticisme, l’incapacité des crédits plastique à enrayer la machine. Le mécanisme revient à faire « comme si chaque kilo collecté permettait d’en produire un autre » et « empêche les entreprises de se confronter au problème », alors que « l’urgence est avant tout d’acter des objectifs de réduction de la production et de la toxicité ».
Surtout, il ne permet de diminuer que les dégâts causés par la fin de vie de certains plastiques, sans prendre compte ceux qui interviennent en début et milieu de chaîne, ni les « nanodéchets situés dans l’eau, le sol et la terre
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